Chaque mois, les mêmes symptômes reviennent : irritabilité, angoisse, tristesse profonde, quelques jours avant vos règles (et ça repart presque aussi vite que c’est venu). Si vous en êtes là, sachez qu’il ne s’agit probablement pas d’un simple syndrome prémenstruel. Voici, selon moi, l’essentiel à savoir sur les traitements du trouble dysphorique prémenstruel (TDPM), du plus léger au plus encadré médicalement.
TDPM ou SPM : pourquoi le traitement dépend du diagnostic
Avant de parler traitement, il est donc primordial de poser un vrai diagnostic. Le TDPM n’est pas une version un peu plus forte du SPM classique : c’est un trouble à part entière, reconnu par le DSM-5 comme un trouble psychiatrique à part touchant entre 3 et 8 % des femmes et personnes menstruées en âge de procréer. 🩺
Le seul moyen fiable de confirmer un TDPM ? Un agenda des symptômes tenu sur au moins deux cycles consécutifs. C’est ce suivi qui permet à votre médecin de repérer la cyclicité typique du trouble : symptômes présents durant la phase lutéale, disparaissant peu après le début des règles.
Les traitements de première intention, non médicamenteux
C’est souvent par là que la prise en charge commence, avant même d’envisager un médicament. Plusieurs leviers, combinés, peuvent déjà changer beaucoup de choses :
- Une activité physique régulière (elle reste, selon plusieurs études, l’une des approches non médicamenteuses les mieux documentées)
- Une hygiène de sommeil stable, en particulier durant la phase lutéale
- Des techniques de gestion du stress : relaxation, méditation, respiration
- Une thérapie cognitivo-comportementale (TCC), seule ou associée à un traitement médicamenteux
La TCC mérite un aparté (c’est, pour ce qui est des approches non médicamenteuses, l’une des mieux validées scientifiquement). Elle ne remplace pas un traitement quand les symptômes sont sévères, mais elle peut nettement réduire la déficience fonctionnelle liée au trouble. 💡
Les traitements médicamenteux : ISRS et hormones
Quand les approches non médicamenteuses ne suffisent pas, deux grandes familles de traitements entrent en jeu. Tâchons d’y voir clair.
Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) restent le traitement de référence : fluoxétine, sertraline, paroxétine ou citalopram, prescrits soit en continu, soit uniquement pendant la phase lutéale (14 jours avant les règles environ). Le choix du schéma dépend de votre médecin et de la sévérité de vos symptômes.
Deuxième option : une contraception hormonale à base de drospirénone. Une revue Cochrane a étudié spécifiquement l’efficacité de ces pilules contenant drospirénone et œstrogène sur les symptômes du syndrome prémenstruel sévère, une association aujourd’hui approuvée aux États-Unis dans l’indication TDPM.
Pourquoi les ISRS agissent plus vite dans le TDPM que dans la dépression
Voici un point que j’accorde autant d’importance à souligner que le reste : contrairement à leur usage dans la dépression (où plusieurs semaines sont nécessaires avant de voir un effet), les ISRS peuvent soulager les symptômes du TDPM en quelques jours seulement. C’est d’ailleurs ce qui permet, chez certaines patientes, de les prescrire uniquement en phase lutéale plutôt qu’en continu toute l’année.
TDPM sévère : quelles options quand rien d’autre ne suffit
Dans les formes les plus invalidantes, quand ni les approches non médicamenteuses ni les ISRS ni la contraception hormonale ne suffisent, d’autres options existent. Elles restent réservées aux cas les plus sévères et toujours discutées au cas par cas avec un spécialiste, en pesant bénéfices et effets secondaires potentiels. Il n’y a pas, à ce jour, de solution universelle : c’est une prise en charge sur-mesure, étape par étape.
Tableau comparatif des traitements du TDPM
Pour y voir plus clair d’un coup d’œil, voici un récapitulatif des principales options (à affiner évidemment avec votre médecin selon votre situation) :
| Type de traitement | Exemples | Délai d’action | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Hygiène de vie / non médicamenteux | Sport, sommeil, gestion du stress, TCC | Plusieurs semaines à mois | Symptômes légers à modérés, en 1ère intention |
| ISRS | Fluoxétine, sertraline, paroxétine, citalopram | Quelques jours | Symptômes modérés à sévères |
| Contraception hormonale (drospirénone) | Pilule combinée à base de drospirénone | Plusieurs cycles | Femmes souhaitant aussi une contraception |
| Options de dernier recours | Sur prescription spécialisée uniquement | Variable | Formes sévères et résistantes |
Quel professionnel consulter pour un TDPM ?
Bonne nouvelle : c’est dans la poche, pas besoin de chercher bien loin pour un premier avis. Votre médecin généraliste peut tout à fait initier la démarche et vous orienter si besoin.
- Médecin généraliste : premier interlocuteur, pour poser un premier diagnostic et démarrer l’agenda des symptômes
- Gynécologue : pour les options hormonales et le suivi du cycle
- Psychiatre : recommandé en cas de symptômes émotionnels sévères ou de résistance aux premiers traitements
Les consultations restent remboursées par l’Assurance Maladie selon les conditions habituelles de prise en charge, ce qui facilite l’accès à un suivi régulier. ✅
FAQ sur le traitement du TDPM
Le TDPM se soigne-t-il définitivement ?
Non, il n’existe pas à ce jour de traitement curatif définitif. En revanche, les traitements actuels permettent, chez la majorité des patientes, de réduire nettement, voire de faire disparaître les symptômes.
Faut-il prendre les ISRS tous les jours ou seulement avant les règles ?
Les deux schémas existent : prise continue ou prise limitée à la phase lutéale. C’est votre médecin qui détermine l’option la plus adaptée selon la sévérité et la régularité de vos symptômes.
La pilule peut-elle aggraver le TDPM ?
Toutes les pilules ne se valent pas sur ce point : certaines formulations hormonales peuvent améliorer les symptômes, d’autres les aggraver chez certaines femmes. C’est pour ce qui est de ce point précis qu’un échange avec votre gynécologue est particulièrement utile.
Combien de temps avant que les approches non médicamenteuses fassent effet ?
Comptez généralement plusieurs semaines, voire quelques mois, pour observer un effet stable sur les symptômes (contrairement aux ISRS, dont l’action peut être plus rapide).
Le TDPM est-il reconnu comme un trouble psychiatrique ?
Oui, il figure dans le DSM-5 comme un trouble à part entière, ce qui justifie une prise en charge spécifique et non une simple « gestion » du quotidien.
Ce que vous pouvez faire dès aujourd’hui
Si vous vous reconnaissez dans ces symptômes, la première étape ne coûte rien : commencer un agenda quotidien de vos symptômes, dès maintenant, sur le prochain cycle. C’est ce document, très concret, qui permettra à votre médecin de poser un vrai diagnostic et de vous orienter vers le traitement le plus adapté à votre situation.





